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École et autorité parentale : quels sont les droits de chaque parent ? Le guide complet 2026
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Autorité parentale école
Lorsqu’un couple se sépare ou divorce, les relations entre l’école et les parents divorcés peuvent rapidement devenir conflictuelles. Il n’est pas rare qu’un père ou une mère demande à l’école de ne plus transmettre d’informations à l’autre parent, voire de ne plus échanger avec lui.
Cette demande est-elle légale ?
L’établissement scolaire peut-il choisir un parent plutôt que l’autre ?
La réponse dépend de l’exercice de l’autorité parentale.
Autorité parentale école
Les deux parents exercent conjointement l’autorité parentale
Les deux parents exercent conjointement l'autorité parentale : quels sont leurs droits vis-à-vis de l’école ?
Il s’agit de la situation la plus fréquente après une séparation ou un divorce. Même lorsque les parents sont en conflit ou que l’enfant réside principalement chez l’un d’eux, ils continuent généralement à exercer conjointement l’autorité parentale.
Cette situation concerne aussi bien les enfants vivant en résidence alternée qu’en résidence habituelle chez un seul parent. En cas de garde alternée, l’école doit également communiquer avec chacun des parents.
Le mode de résidence (résidence alternée ou résidence habituelle chez un parent) est sans incidence sur les obligations de l’établissement scolaire lorsque les deux parents exercent conjointement l’autorité parentale.
Dans cette hypothèse, chacun des parents dispose des mêmes droits à l’égard de l’établissement scolaire.
L’école doit-elle informer les deux parents ?
Oui, et c’est même une obligation.
Lorsque les parents exercent conjointement l’autorité parentale et vivent séparément, l’établissement scolaire a l’obligation de communiquer avec chacun d’eux.
Le directeur d’école ou le chef d’établissement doit notamment transmettre à chacun des parents les mêmes informations concernant la scolarité de l’enfant :
- Les bulletins et livrets scolaires ;
- Les convocations aux réunions ;
- Les relevés d’absences ;
- Les sanctions disciplinaires ;
- Les informations relatives à l’orientation ;
- Les réponses aux demandes de rendez-vous.
En pratique, chacun des parents peut également solliciter un rendez-vous avec les enseignants, demander des informations sur la scolarité de son enfant et participer aux réunions organisées par l’établissement.
Cette obligation résulte notamment de la circulaire n° 2006-137 du 25 août 2006 relative au rôle et à la place des parents à l’école.
Le Code de l’éducation rappelle d’ailleurs que les enseignants doivent pouvoir entretenir avec les deux parents les relations nécessaires au suivi de la scolarité de l’enfant (article D. 111-3 du Code de l’éducation).
Autrement dit, le fait que les parents soient séparés, divorcés ou en conflit ne permet pas à l’école de privilégier l’un d’entre eux.
L’établissement scolaire doit rester strictement neutre dans le conflit parental. Il ne lui appartient pas de choisir le parent avec lequel il communiquera ni de prendre parti dans un différend familial.
École et garde alternée : quelles sont les obligations de l'établissement scolaire ?
La garde alternée ne modifie pas les droits des parents à l’école.
Lorsque les deux parents exercent conjointement l’autorité parentale, l’établissement scolaire doit communiquer avec chacun d’eux, que l’enfant vive en garde alternée ou qu’il réside principalement chez un seul parent. Les deux parents peuvent recevoir les bulletins scolaires, être informés des absences, rencontrer les enseignants et participer aux décisions qui nécessitent leur accord.
C’est l’exercice de l’autorité parentale, et non le mode de résidence de l’enfant, qui détermine les droits de chacun vis-à-vis de l’école.
Un parent peut-il demander à l'école de ne plus communiquer avec l’autre parent ?
En principe, non.
Sauf décision de justice, un parent ne peut pas demander à l’école de cesser de communiquer avec l’autre parent.
Tant que les deux parents exercent conjointement l’autorité parentale, chacun a le droit d’être informé de la scolarité de son enfant. L’établissement scolaire doit donc transmettre les informations aux deux parents.
La seule exception concerne les situations dans lesquelles un jugement retire ou limite l’autorité parentale ou le droit d’information de l’un des parents (articles 372 et 373-2-8 du Code civil).
Quels actes un seul parent peut-il accomplir (actes usuels) ?
Tous les actes concernant la scolarité n’obéissent pas aux mêmes règles.
Le Code civil distingue les actes usuels des actes non usuels.
Les actes usuels correspondent aux décisions de la vie quotidienne qui ne rompent pas avec les habitudes de l’enfant et n’engagent pas durablement son avenir. Ils peuvent être accomplis par un seul parent sans qu’il soit nécessaire de recueillir systématiquement l’accord de l’autre.
Par exemple :
- Signer le règlement intérieur ;
- Demander un certificat de scolarité ;
- Justifier une absence ponctuelle ;
- Autoriser une sortie scolaire facultative ;
- Procéder à une inscription scolaire lorsqu’elle s’inscrit dans la continuité de la scolarité de l’enfant.
Cette présomption d’accord permet à l’école de fonctionner normalement sans devoir solliciter systématiquement les deux parents pour chaque démarche de la vie scolaire.
Pour ces actes, l’accord d’un seul parent est suffisant (Conseil d’État, 13 avril 2018, n° 392949 ; CAA Versailles, 8 juillet 2021, n° 19VE03127).
Quels actes nécessitent l'accord des deux parents (actes non usuels) ?
Les actes non usuels, qui engagent l’avenir de l’enfant ou rompent avec une pratique antérieure, exigent en revanche l’accord exprès des deux parents (TA Poitiers, 23 janvier 2025, n° 2201391 ; TA Toulon, 16 décembre 2020, n° 1900826).
C’est notamment le cas de :
- L’orientation scolaire ;
- Un changement d’école (ou changement d’établissement scolaire)
- Un redoublement ;
- Un saut de classe ;
- Un changement d’orientation ;
- Un bilan par un psychologue scolaire (TA Poitiers, 23 janvier 2025, n° 2201391 – TA Toulon, 16 décembre 2020, n° 1900826).
Ces décisions modifient durablement le parcours scolaire de l’enfant et nécessitent donc un véritable accord parental.
Que se passe-t-il si les parents sont en désaccord ?
La présomption d’accord prévue par l’article 372-2 du Code civil cesse dès lors que l’école a connaissance d’un désaccord entre les parents. À compter du moment où le désaccord est porté à la connaissance de l’établissement, celui-ci ne peut plus considérer qu’un parent agit avec l’accord de l’autre.
Ce désaccord peut être écrit, mais également verbal, dès lors qu’il est clairement porté à la connaissance de l’établissement. Dans cette hypothèse, l’administration ne peut plus se retrancher derrière la présomption de bonne foi.
Elle doit inviter les parents à trouver une solution amiable ou à saisir le juge aux affaires familiales afin que celui-ci tranche le différend.
À défaut, la décision prise par l’établissement pourrait être entachée d’une erreur de droit (CAA Versailles, 8 juillet 2021, n° 19VE03127 ; TA Toulon, 16 décembre 2020, n° 1900826).
A retenir
Lorsque les deux parents exercent conjointement l’autorité parentale, l’école doit communiquer avec chacun d’eux.
Un parent ne peut pas demander à l’établissement de cesser toute communication avec l’autre parent, sauf décision judiciaire contraire.
Les actes de la vie scolaire courante peuvent être accomplis par un seul parent.
Les décisions importantes concernant l’avenir scolaire de l’enfant nécessitent l’accord des deux parents.
En cas de désaccord connu de l’établissement, celui-ci doit rester neutre et inviter les parents à saisir le juge aux affaires familiales si nécessaire.
Autorité parentale école
Situation n°2 : un des parents détient l’autorité parentale exclusive
Quels sont les droits du parent qui exerce seul l'autorité parentale ?
Lorsque le juge confie l’exercice exclusif de l’autorité parentale à un seul parent, la répartition des droits change profondément. Le parent titulaire de l’autorité parentale prend seul les décisions concernant l’enfant, tandis que l’autre parent conserve, sauf décision contraire du juge, un droit de surveillance sur son entretien et son éducation.
La copie du jugement fixant les modalités de l’autorité parentale doit être fournie au directeur d’école ou au chef d’établissement.
En pratique, tant que l’établissement scolaire n’a pas connaissance de cette décision de justice, il peut continuer à appliquer les règles de l’autorité parentale conjointe. Il est donc indispensable de transmettre rapidement le jugement au directeur d’école ou au chef d’établissement.
Le parent seul titulaire de l'autorité parentale décide-t-il des choix scolaires de l’enfant mineur ?
Oui.
Lorsque l’un des parents exerce seul l’autorité parentale, il décide notamment de l’inscription scolaire, du changement d’école et des principales décisions concernant la scolarité.
Il signe également les documents scolaires, les autorisations d’absence ou encore les décisions d’orientation lorsque celles-ci relèvent de son autorité.
La participation du parent qui n’exerce plus l’autorité parentale demeure toutefois possible dans certaines limites…
Quels sont les droits du parent qui n’exerce plus l’autorité parentale à l’école ?
Le parent qui n’exerce plus l’autorité parentale ne disparaît pas de la vie scolaire de son enfant. En application de l’article 373-2-1 du Code civil, il conserve, sauf décision contraire du juge, un droit de surveillance de l’entretien et de l’éducation. Il reste également membre de la communauté éducative (article L. 111-4 du Code de l’éducation).
Concrètement, ce droit lui permet d’être informé, mais pas de prendre des décisions.
Il peut notamment :
- Recevoir les bulletins scolaires ;
- Être informé des absences, sanctions disciplinaires et décisions d’orientation ;
- Solliciter un rendez-vous avec les enseignants.
En revanche, il ne peut pas :
- Choisir l’établissement scolaire ;
- Signer une autorisation de sortie ou un droit à l’image ;
- Justifier les absences de l’enfant ;
- Imposer une décision à l’établissement ou au parent exerçant l’autorité parentale.
De la même manière, ce droit d’information ne lui ouvre pas automatiquement l’accès aux outils de gestion quotidienne de la scolarité, tels que l’ENT ou Pronote, qui relèvent de l’exercice de l’autorité parentale (TA Toulouse, 18 mai 2022, n° 1905811 ; TA Caen, 8 juillet 2026, n° 2401004).
Enfin, dans des circonstances particulières, notamment en présence de violences, l’établissement scolaire peut limiter sa participation à certaines réunions ou manifestations scolaires afin d’assurer la protection de l’autre parent et le bon fonctionnement du service public (TA Paris, 21 octobre 2025, n° 2327917).
Que faire si le co-parent dépasse ses droits auprès de l'école ?
Le parent qui n’exerce pas l’autorité parentale conserve un droit de surveillance de l’entretien et de l’éducation de son enfant. Il peut notamment être informé de la scolarité, recevoir les bulletins scolaires et rencontrer les enseignants (article 373-2-1 du Code civil).
En revanche, il ne peut pas donner des instructions à l’établissement scolaire, choisir l’école, signer des autorisations ou prendre des décisions relevant de l’autorité parentale.
Si le co-parent dépasse ses droits ou si l’école ne respecte pas le jugement, plusieurs démarches peuvent être entreprises.
Étape n°1 : transmettre le jugement à l’établissement scolaire
L’établissement scolaire ne peut appliquer correctement une décision de justice que s’il en a connaissance.
Adressez donc au directeur d’école ou au chef d’établissement une copie du jugement du juge aux affaires familiales, au besoin par courrier recommandé ou contre récépissé.
Tant que l’école ignore la décision, elle bénéficie de la présomption de bonne foi prévue par l’article 372-2 du Code civil. En revanche, une fois le jugement porté à sa connaissance, elle doit le respecter.
Étape n°2 : demander à l’école de respecter le jugement
Si, malgré cette transmission, l’établissement continue de suivre les demandes du parent qui n’exerce pas l’autorité parentale, adressez un courrier au directeur ou au chef d’établissement rappelant :
- Le contenu du jugement ;
- Les actes reprochés (dates, décisions, échanges) ;
- Les règles applicables.
Cette démarche permet souvent de résoudre rapidement la difficulté.
Il peut être utile d’être conseillé par un avocat en droit de la famille afin de vous aider dans cette démarche, et préparer, au besoin, une procédure judiciaire.
Étape n°3 : saisir l’Éducation nationale
En cas d’absence de réaction, vous pouvez saisir :
- L’inspecteur de l’Éducation nationale ;
- La DSDEN ;
- Le médiateur académique.
Étape n°4 : saisir le tribunal administratif
Si l’établissement persiste à méconnaître le jugement (inscription, radiation, changement d’école, décisions prises à la demande du parent non titulaire…), la décision peut être contestée devant le tribunal administratif.
En cas d’urgence, un référé-suspension peut également être envisagé.
L’école engage-t-elle sa responsabilité ?
Oui.
Une fois informée de la décision du juge, l’école ne peut plus invoquer sa bonne foi. Si elle permet au parent dépourvu de l’autorité parentale de prendre des décisions qu’il n’a pas le droit de prendre, sa responsabilité peut être engagée et une indemnisation peut être demandée (TA Montreuil, 16 octobre 2024, n° 2305034).
Le parent qui n'exerce plus l'autorité parentale peut-il rencontrer les enseignants ?
Oui, en principe.
Le parent qui n’exerce plus l’autorité parentale conserve, sauf décision contraire du juge, un droit de surveiller l’entretien et l’éducation de son enfant (article 373-2-1 du Code civil). À ce titre, il peut demander un rendez-vous avec le directeur ou les enseignants afin d’obtenir des informations sur la scolarité de son enfant.
L’établissement scolaire ne peut pas refuser systématiquement cette demande au seul motif que les parents sont en conflit. Toute demande d’entretien doit recevoir une réponse et un éventuel refus doit être justifié par une raison objective (article D. 111-4 du Code de l’éducation ; circulaire n° 2006-137 du 25 août 2006).
En revanche, ce rendez-vous constitue uniquement un droit à l’information. Le parent qui n’exerce plus l’autorité parentale ne peut pas prendre de décisions concernant la scolarité de l’enfant, demander une modification de son orientation ou imposer des consignes à l’établissement.
À retenir
Le parent peut demander un rendez-vous avec l’école.
Il peut obtenir des informations sur la scolarité de son enfant.
Il ne peut pas prendre de décisions relevant de l’autorité parentale.
Que faire si l'école refuse de communiquer avec un parent ?
L’école ne peut pas refuser de communiquer avec un parent qui dispose d’un droit à l’information, sauf décision de justice contraire. Si l’établissement refuse de transmettre les bulletins scolaires, les informations relatives à la scolarité ou d’accorder un rendez-vous, plusieurs recours sont possibles.
Étape n°1 : rappeler le jugement et les textes applicables
Avant toute procédure, adressez au directeur ou au chef de l’établissement un courrier rappelant les dispositions du jugement et les textes applicables, en joignant une copie de la décision du juge.
Dans de nombreux cas, cette démarche permet de résoudre le litige sans contentieux.
Étape n°2 : solliciter les représentants de parents d’élèves
Les représentants de parents d’élèves peuvent intervenir auprès du directeur ou du chef d’établissement afin de faciliter le dialogue et rechercher une solution amiable (article D. 111-11 du Code de l’éducation).
Étape n°3 : saisir l’Éducation nationale
Si le refus persiste, vous pouvez saisir :
- L’inspecteur de l’Éducation nationale (pour les écoles maternelles et élémentaires) ;
- La Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) ;
- Le rectorat ;
Étape n°4 : saisir le médiateur de l’Éducation nationale
Le médiateur académique de l’Éducation nationale peut être saisi afin de rechercher une solution amiable au différend (article L. 23-10-1 du Code de l’éducation).
Étape n°5 : saisir le tribunal administratif
Si l’établissement persiste à refuser illégalement de communiquer avec le parent malgré le jugement et les textes applicables, ce refus peut être contesté devant le tribunal administratif.
A retenir
- Le parent qui exerce seul l’autorité parentale prend seul les décisions concernant la scolarité de l’enfant.
- Le parent qui n’exerce plus l’autorité parentale conserve, sauf décision contraire du juge, un droit d’information sur l’entretien et l’éducation de son enfant.
- Ce droit d’information ne lui permet pas de prendre des décisions à la place du parent titulaire de l’autorité parentale.
- Il est indispensable de transmettre rapidement à l’établissement scolaire la décision du juge fixant les modalités de l’autorité parentale.
- En cas de difficulté, plusieurs recours existent avant toute saisine du tribunal administratif.
Autorité parentale école
Situation n° 3 : le co-parent est déchu de l’autorié parentale
Le retrait total de l’autorité parentale, prononcé par le juge, porte sur l’exercice de l’autorité parentale et sur l’ensemble de ses attributs, notamment la perte des droits et devoirs de garde, et le droit de surveiller l’entretien et l’éducation de son enfant.
L'école peut-elle communiquer avec un parent déchu de l'autorité parentale ?
Dans ce cas, et dans ce cas seulement, l’école peut légitimement refuser de communiquer avec ce parent, sur production du jugement prononçant la déchéance de l’autorité parentale.
Quels sont les effets d'un retrait partiel de l'autorité parentale ?
En cas de retrait partiel, le jugement peut ne retirer que certains attributs de l’autorité parentale tout en maintenant certains droits : l’école devra alors se conformer strictement aux termes de la décision judiciaire qui lui a été transmise.
À retenir
Le retrait total de l’autorité parentale prive le parent de tout droit d’information auprès de l’école.
L’établissement scolaire peut alors refuser toute communication.
En cas de retrait partiel, l’école doit appliquer exactement ce que prévoit le jugement.
Autorité parentale école
FAQ & conclusion
Mon ex peut-il demander les bulletins scolaires ?
Oui.
Un parent peut demander les bulletins scolaires de son enfant s’il exerce l’autorité parentale ou s’il bénéficie encore de son droit de surveiller l’entretien et l’éducation de l’enfant (article 373-2-1 du Code civil).
L’école doit alors lui communiquer les bulletins scolaires ainsi que les principales informations relatives à la scolarité (absences, sanctions disciplinaires, orientation…).
Il peut également obtenir un certificat de scolarité.
En revanche, si une décision de justice lui retire également son droit de surveiller l’entretien et l’éducation de l’enfant, l’établissement scolaire peut légalement refuser cette communication.
Puis-je empêcher mon ex de rencontrer les enseignants ?
En principe, non.
Un parent qui exerce l’autorité parentale peut demander un rendez-vous avec les enseignants afin d’être informé de la scolarité de son enfant. Même lorsqu’il n’exerce plus l’autorité parentale, il conserve généralement un droit d’information qui lui permet également de rencontrer l’équipe éducative.
En revanche, l’établissement scolaire peut refuser ce rendez-vous lorsqu’une décision de justice le prévoit ou lorsque des circonstances exceptionnelles, notamment des violences, justifient cette restriction afin d’assurer la sécurité des personnes et le bon fonctionnement du service public.
Qui choisit l'école de l'enfant ?
Lorsque les deux parents exercent conjointement l’autorité parentale, le choix de l’école (inscription scolaire) nécessite en principe l’accord des deux parents.
Aucun parent ne peut imposer un changement d’école sans l’accord de l’autre.
En cas de désaccord, aucun parent ne peut imposer seul un changement d’établissement scolaire. Il appartient alors au juge aux affaires familiales de trancher en fonction de l’intérêt de l’enfant.
En revanche, lorsqu’un seul parent exerce l’autorité parentale, il choisit seul l’établissement scolaire, sauf si une décision de justice en dispose autrement.
Pour en savoir plus, vous pouvez lire notre article :
Qui signe les autorisations de sortie scolaire ?
En principe, un seul parent suffit.
Lorsque les parents exercent conjointement l’autorité parentale, les autorisations de sortie scolaire relèvent généralement des actes usuels. L’école peut donc accepter la signature d’un seul parent, en présumant l’accord de l’autre.
En revanche, si l’établissement scolaire a été informé d’un désaccord entre les parents, cette présomption disparaît et il peut exiger l’accord des deux parents.
Si un seul parent exerce l’autorité parentale, lui seul est habilité à signer les autorisations de sortie scolaire.
Le parent qui n’exerce plus l’autorité parentale peut-il avoir accès à Pronote ou à l’ENT ?
En principe, non.
Le parent qui n’exerce plus l’autorité parentale ne bénéficie pas automatiquement d’un accès à Pronote ou à l’Espace numérique de travail (ENT). Les juridictions administratives considèrent que ces outils relèvent de la gestion quotidienne de la scolarité et ne font pas partie du simple droit d’information.
En revanche, ce parent conserve le droit d’obtenir les informations essentielles concernant la scolarité de son enfant, notamment les bulletins scolaires, les absences, les sanctions disciplinaires et les décisions importantes.
Le parent qui n’exerce plus l’autorité parentale peut-il assister à la réunion parents-professeurs ?
Oui, en principe.
Le parent qui n’exerce plus l’autorité parentale peut participer à la réunion parents-professeurs s’il conserve son droit de surveiller l’entretien et l’éducation de son enfant. Ce droit lui permet d’échanger avec les enseignants afin d’être informé de la scolarité de son enfant.
Toutefois, l’établissement scolaire peut refuser sa participation lorsqu’une décision de justice le prévoit ou lorsque sa présence est susceptible de perturber le fonctionnement du service public ou de compromettre la sécurité d’un autre parent, notamment dans un contexte de violences intrafamiliales.
L'école peut-elle choisir un parent ?
Non.
Lorsque les deux parents exercent conjointement l’autorité parentale, l’école doit rester neutre et communiquer avec chacun d’eux dans les mêmes conditions. Elle ne peut pas privilégier un parent au détriment de l’autre en raison du conflit qui les oppose.
En revanche, si une décision de justice confie l’exercice exclusif de l’autorité parentale à un seul parent ou limite les droits de l’autre, l’établissement scolaire doit appliquer strictement cette décision.
L'école peut-elle refuser de me remettre mon enfant ?
Oui, dans certaines situations.
L’établissement scolaire doit respecter les modalités de remise de l’enfant fixées par le juge aux affaires familiales. Si une décision de justice prévoit que l’enfant ne peut être remis qu’à un seul parent ou à certaines personnes désignées, l’école est tenue de s’y conformer et peut refuser de remettre l’enfant à l’autre parent.
En revanche, en l’absence de décision de justice limitant les droits d’un parent, l’établissement scolaire ne peut pas refuser arbitrairement de lui remettre son enfant. En cas de désaccord entre les parents ou de difficulté d’interprétation du jugement, l’école doit appliquer la décision de justice qui lui a été communiquée. Elle ne peut ni modifier les modalités de remise de l’enfant ni se substituer au juge pour trancher un conflit parental.
Mon ex donne des consignes à l'école malgré le jugement : que faire ?
Si votre ancien conjoint donne des consignes à l’école en violation d’une décision de justice, il est important d’agir rapidement afin de faire respecter vos droits et l’intérêt de votre enfant.
Commencez par transmettre, ou retransmettre, au directeur d’école ou au chef d’établissement une copie du jugement en rappelant précisément les droits de chacun. Tant que l’établissement scolaire ignore l’existence ou le contenu de cette décision, il peut bénéficier de la présomption de bonne foi prévue par l’article 372-2 du Code civil.
Si, malgré cette information, l’école continue à suivre les instructions d’un parent qui n’est pas habilité à prendre ces décisions, adressez un courrier recommandé au directeur d’école ou au chef d’établissement afin de rappeler les obligations qui s’imposent à l’établissement.
En l’absence de régularisation, vous pourrez saisir l’inspecteur de l’Éducation nationale, le médiateur académique puis, si nécessaire, le tribunal administratif afin d’obtenir le respect de la décision de justice.
Parallèlement, si votre ancien conjoint multiplie les démarches destinées à contourner le jugement ou à faire obstacle à l’exercice de votre autorité parentale, il est recommandé de consulter un avocat spécialisé en droit de la famille. Celui-ci pourra apprécier l’opportunité d’engager les procédures adaptées pour faire cesser ces agissements et assurer l’exécution de la décision judiciaire.
L'école engage-t-elle sa responsabilité ?
Oui, dans certains cas.
Dès lors que l’établissement scolaire a reçu une copie de la décision de justice, il est tenu de l’appliquer. S’il permet à un parent de prendre des décisions qu’il n’est plus autorisé à prendre ou, à l’inverse, s’il refuse les droits reconnus à l’autre parent par le jugement, il peut commettre une faute susceptible d’engager la responsabilité de l’administration.
En cas de manquement persistant, vous pouvez saisir le directeur d’école ou le chef d’établissement, puis l’inspecteur de l’Éducation nationale, le médiateur académique et, si nécessaire, le tribunal administratif afin d’obtenir le respect de la décision de justice.
Autorité parentale école
Conclusion
En pratique, la plupart des difficultés naissent d’une méconnaissance des droits de chacun.
Les établissements scolaires cherchent avant tout à protéger l’intérêt de l’enfant, mais ils ne peuvent s’écarter des règles fixées par le Code civil et, surtout, de la décision rendue par le juge aux affaires familiales.
Une bonne connaissance des règles applicables permet souvent d’éviter des conflits inutiles avec l’établissement scolaire et de préserver l’intérêt supérieur de l’enfant.
Vous rencontrez une difficulté avec l’établissement scolaire de votre enfant ou avec l’exercice de l’autorité parentale ?
Mon cabinet accompagne régulièrement des parents confrontés à ces situations, tant dans le cadre de procédures amiables que devant le juge aux affaires familiales et le tribunal administratif. N’hésitez pas à nous contacter pour étudier votre situation.
À retenir
L’école ne choisit jamais entre les parents.
Elle doit appliquer le jugement du juge aux affaires familiales.
Les droits de chaque parent dépendent de l’exercice de l’autorité parentale.
En cas de difficulté, commencez toujours par transmettre le jugement à l’établissement scolaire.
Si le litige persiste, des recours existent devant l’Éducation nationale puis, si nécessaire, devant le tribunal administratif.
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Votre autorité parentale est-elle respectée par l’établissement scolaire ?
Une séparation ne remet pas en cause les droits de chacun des parents à être informé et à participer aux décisions importantes concernant la scolarité de leur enfant. Si vous rencontrez une difficulté avec une école qui refuse de vous transmettre des informations, ou si l’autre parent tente de limiter vos échanges avec l’établissement, il est important de connaître vos droits.
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Nos articles sur le divorce & la séparation
Avocat pour les papas & droit des pères
Le papa est le parent masculin légalement reconnu d’un enfant, avec des droits et des devoirs liés à l’autorité parentale. Il partage la responsabilité de l’éducation, du bien-être, et de la protection de l’enfant, et doit subvenir à ses besoins. L’avocat dédié à la défense des papas est un professionnel du droit de la famille qui aide spécifiquement les pères à faire valoir leurs droits dans les affaires familiales, notamment en matière de garde d’enfants, de pension alimentaire, et de droits de visite.
Rupture du PACS
Le pacte civil de solidarité est une union entre deux personnes, de même sexe ou de sexes différents, permettant d’organiser la vie commune des partenaires.
Les partenaires s’engagent aux termes d’une convention sous seing privé (rédigée par les partenaires ou leurs avocats) ou par acte authentique (rédigé par le notaire). La convention doit être enregistrée par l’officier d’état civil de la mairie du lieu de résidence des partenaires, le notaire, l’agent diplomatique ou l’agent consulaire (article 515-3 du code civil). L’identité du partenaire est ensuite inscrite en marge de l’acte de naissance de l’autre partenaire.
Les modes de calcul de la prestation compensatoire
Définition de la prestation compensatoire
La prestation compensatoire est une somme d’argent payée par un époux, à l’autre époux, après le prononcé d’un divorce.
La prestation compensatoire a été instaurée afin de compenser les inégalités financières pouvant exister entre les ex-époux.
Elle prend le relai du paiement d’un devoir de secours, ordonné par le tribunal (juge aux affaires familiales) dans le cadre des mesures provisoires (ordonnance du mesures provisoires).
L’idée est de permettre l’époux qui se retrouverait en difficulté financière du fait du divorce de maintenir un niveau de vie équivalent à celui qu’il avait lorsque les époux étaient mariés, et ainsi permettre un passage moins brutal vers la vie post-divorce.


